Les documents déclassifiés de l'affaire Epstein continuent de livrer des surprises, parfois là où on ne les attend pas. La dernière en date ? Un détail apparemment anodin qui fait pourtant exploser les compteurs sur les réseaux sociaux : un compte Fortnite lié à Jeffrey Epstein... actif en 2023. Entre preuves numériques et zones d'ombre, plongée dans une affaire qui pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses.

La découverte initiale : deux documents qui changent tout

Dans les milliers de pages rendues publiques fin 2025, des internautes aux yeux de lynx ont repéré deux documents anodins en apparence, mais qui partagent un point commun troublant.

Premier document : le reçu YouTube

Daté du 25 octobre 2014, ce reçu confirme l'achat du film Frenzy d'Alfred Hitchcock pour 12,99 $. Rien d'extraordinaire, si ce n'est deux détails : le nom d'utilisateur associé est "littlestjeff1", et l'adresse email liée est jeevacation@gmail.com. ​ Cette adresse email n'est pas nouvelle dans le dossier. Elle a été citée à plusieurs reprises dans les rapports comme appartenant directement à Jeffrey Epstein, utilisée pour des échanges avec son cercle proche et pour diverses transactions en ligne.

Illustration Le mystère "littlestjeff1" : quand un compte Fortnite relance toutes les questions sur la mort d'Epstein

Deuxième document : l'achat de V-Bucks

Le 7 mai 2019, soit trois mois avant la mort officielle d'Epstein en août 2019, une notification d'achat tombe : 25,95 $ dépensés pour des V-Bucks sur Fortnite. Les V-Bucks, pour ceux qui ne suivent pas l'univers du jeu, sont la monnaie virtuelle permettant d'acheter des skins, des passes de combat et autres contenus cosmétiques. À cette date, Epstein est encore vivant. On pourrait donc simplement en déduire qu'il jouait occasionnellement à Fortnite, ou qu'il achetait ces crédits pour quelqu'un de son entourage. Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

Illustration Le mystère "littlestjeff1" : quand un compte Fortnite relance toutes les questions sur la mort d'Epstein

Le détail qui fait basculer l'affaire

Quelques jours après la diffusion de ces documents, des curieux ont eu l'idée de taper le pseudo "littlestjeff1" sur Fortnite Tracker, un site tiers qui compile les statistiques publiques des joueurs.

Résultat : le compte existe.

Plus troublant encore, le profil affiche un classement précis : Silver 1. Ce rang correspond au système de classement compétitif du Chapitre 5, Saison 1 de Fortnite. Pour ceux qui ne suivent pas l'évolution du jeu, voici le problème : cette saison a débuté fin 2023, soit plus de quatre ans après la mort officielle de Jeffrey Epstein, déclarée le 10 août 2019 dans sa cellule de la prison de Manhattan. Autrement dit : quelqu'un a joué avec ce compte longtemps après qu'Epstein soit censé être mort.

Ce que révèlent les données du compte

Des utilisateurs de Reddit, spécialisés dans l'analyse de l'affaire Epstein, ont poussé l'investigation plus loin en examinant l'historique d'activité du compte via les trackers disponibles.

Illustration Le mystère "littlestjeff1" : quand un compte Fortnite relance toutes les questions sur la mort d'Epstein

L'anomalie temporelle

Selon ces analyses, le compte "littlestjeff1" présente un pattern d'activité particulier : - Activité régulière avant juillet 2019 (période où Epstein était libre) - Aucune connexion pendant juillet-août 2019 (période de son arrestation et incarcération) ​ - Reprise de l'activité en août 2019, précisément au moment de sa mort déclarée - Connexions sporadiques jusqu'en 2023, avec notamment des parties jouées pendant la Saison 1 du Chapitre 5 Ce timing soulève évidemment des questions. Si le compte était inactif pendant son incarcération, cela suggère qu'Epstein (ou la personne qui l'utilisait) n'avait effectivement plus accès à Internet. Mais alors, qui a repris le contrôle immédiatement après sa mort ?

Les explications rationnelles... et leurs limites

Face à cette découverte, plusieurs théories s'affrontent. Voici les plus plausibles, avec leurs arguments et leurs failles.

Hypothèse 1 : Le piratage opportuniste

L'argument : Quelqu'un a récupéré les identifiants du compte (via les fuites documentaires de novembre 2025 ou par force brute) et continue de jouer avec, soit par simple opportunisme, soit pour créer délibérément la controverse.

Les points faibles :

Les documents mentionnant explicitement "littlestjeff1" n'ont été rendus publics qu'en novembre 2025. Or le compte montre une activité dès août 2019, soit plus de six ans avant cette révélation ​ Pourquoi un pirate choisirait-il de jouer à Fortnite avec le compte d'un pédocriminel décédé ? Le "troll" aurait plus de sens avec une activité publique et provocatrice, pas des parties discrètes en ranked Si c'était un piratage récent (post-2025), on s'attendrait à une explosion d'activité après la viralité de l'histoire. Or les données montrent une utilisation régulière mais modérée depuis 2019

Hypothèse 2 : L'homonymie pure

L'argument : "Littlestjeff1" pourrait être un pseudo utilisé par une personne totalement étrangère à l'affaire, sans aucun lien avec Jeffrey Epstein.

Les points faibles :

La probabilité qu'un autre utilisateur choisisse exactement ce pseudo, au format identique à celui des documents officiels, est statistiquement faible "Littlestjeff1" n'est pas un pseudo générique comme "Jeff123" ou "JeffGamer". C'est une combinaison assez spécifique Les achats de V-Bucks datant de mai 2019 sont directement liés à l'email jeevacation@gmail.com dans les documents, ce qui établit un lien formel

Hypothèse 3 : L'usage partagé ou délégué

L'argument : Avant sa mort, Epstein aurait pu partager ce compte avec un proche, un employé, un membre de sa famille ou même un des mineurs de son entourage. Cette personne aurait simplement continué à l'utiliser après 2019.

Les points en sa faveur :

Expliquerait l'activité continue sans impliquer de complot Cohérent avec le profil d'Epstein qui déléguait beaucoup de tâches Les achats de V-Bucks pouvaient être destinés à quelqu'un d'autre dès le départ

Les interrogations :

Pourquoi continuer à utiliser ce compte précis après sa mort, sachant les implications médiatiques ? Aucun proche n'a confirmé ou infirmé cette utilisation

Hypothèse 4 : La zone grise

Et si la réponse n'était ni le piratage, ni la coïncidence, ni l'usage partagé ? Dans le contexte trouble de la mort d'Epstein, cette anomalie numérique s'ajoute à une longue liste de questions sans réponse : - Les caméras de surveillance de sa cellule étaient en panne au moment de sa mort - Les gardiens ont falsifié les registres de surveillance - Son autopsie a révélé des fractures du cou plus cohérentes avec un homicide qu'un suicide - Ses connexions documentées avec des services de renseignement américains et étrangers - Le nombre de personnalités puissantes potentiellement compromises par ses révélations Dans ce contexte, l'idée qu'un homme disposant de telles ressources, de tels contacts et de tels secrets ait pu organiser une fausse mort n'est pas aussi absurde qu'elle y paraît. Les programmes de protection des témoins existent précisément pour ce genre de situations. Le compte Fortnite ne prouve rien à lui seul. Mais il s'inscrit dans un faisceau d'indices troublants qui, pris dans leur ensemble, justifient qu'on pose des questions.

Ce que les médias traditionnels en disent

Surprise : pas grand-chose. La plupart des médias mainstream ont soit ignoré cette histoire, soit l'ont rapidement balayée d'un revers de main comme une "théorie du complot". ​ Les quelques analyses factuelles disponibles se contentent de rappeler que "les comptes de jeu peuvent être piratés" et que "rien ne prouve formellement le lien". Techniquement vrai, mais intellectuellement paresseux. Aucune enquête journalistique sérieuse n'a été menée pour : - Vérifier formellement auprès d'Epic Games (l'éditeur de Fortnite) l'historique complet du compte - Interroger l'entourage d'Epstein sur une éventuelle utilisation partagée - Analyser les métadonnées de connexion (adresses IP, géolocalisation, appareils utilisés) Cette absence de curiosité journalistique est en soi révélatrice. Soit l'histoire est trop insignifiante pour mériter attention (peu probable vu la viralité), soit elle est trop gênante pour être creusée.

La leçon : les fantômes numériques

Au-delà des théories sur Epstein lui-même, cette affaire illustre une vérité profonde de notre époque : nous laissons tous des traces numériques indélébiles. Chaque transaction par carte bancaire, chaque compte créé, chaque connexion à un service en ligne génère des métadonnées qui survivent des décennies. Dans le cas d'Epstein, ses emails, ses achats iTunes, ses V-Bucks Fortnite : tout a resurgi des années après sa mort. Ces "fantômes numériques" posent des questions philosophiques et pratiques : - Que deviennent nos comptes après notre mort ? - Qui peut y accéder, et dans quelles conditions ? - Comment distinguer l'activité légitime d'un piratage post-mortem ? Dans un monde où l'identité numérique devient aussi importante que l'identité physique, la mort ne signifie plus nécessairement la fin de notre présence en ligne.

Alors, que s'est-il vraiment passé ?

Trois scénarios principaux émergent, et honnêtement, aucun n'est totalement satisfaisant : 1. Le piratage tardif : Quelqu'un a récupéré les identifiants après les fuites de 2025 et s'amuse à créer le trouble. Mais cela n'explique pas l'activité dès 2019. 2. L'utilisation partagée : Le compte était utilisé par un proche qui a continué à jouer. Plausible, mais pourquoi aucune confirmation ou démenti ? 3. L'anomalie inexpliquée : Dans le contexte des zones d'ombre entourant sa mort, ce détail s'ajoute à une liste déjà longue de coïncidences troublantes. La vérité se trouve probablement quelque part entre ces trois options. Mais une chose est sûre : tant qu'aucune enquête sérieuse ne sera menée, tant que les autorités et les plateformes concernées ne fourniront pas de réponses claires, les questions continueront.

Car sur Internet, rien ne meurt vraiment. Pas même Jeffrey Epstein.